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Le stress et l’anxiété de la rentrée scolaire


La rentrée scolaire peut être une importante source de stress pour les enfants qui commencent l’école primaire, pour ceux qui changent d’établissement ou encore pour les jeunes qui amorcent leur secondaire. Il est donc important d’être outillé pour bien les épauler. Pour y arriver, nous vous suggérerons quelques stratégies et astuces permettant de diminuer le stress que cause le début d’année scolaire. Par la suite, nous vous proposerons des pistes de solutions afin de faciliter la transition vers le secondaire des jeunes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Transition entre le primaire et le secondaire

Avant tout, il est essentiel de reconnaître les signes de stress chez votre enfant et de savoir comment diminuer son anxiété. Observez votre enfant et intervenez si ces signes se manifestent : des changements comportementaux graduels ou brusques, des changements dans ses habitudes de sommeil ou dans son appétit, des maux de ventre ou encore une émotivité accrue, qui se présente sous forme d’irritabilité ou de colère.

Selon des chercheurs, avoir un sentiment de contrôle sur la situation anxiogène peut diminuer le niveau de stress du sujet. Permettez à votre enfant de choisir ses vêtements (en gardant un droit de veto, si nécessaire) et son menu du dîner. En l’impliquant dans l’achat du matériel scolaire, il aura l’impression d’intervenir dans la prise des décisions concernant ce changement qui est important pour lui. Un élément anxiogène rapporté par les jeunes faisant leur entrée au secondaire est le fait de posséder désormais un cadenas. Savoir ouvrir le cadenas diminuera considérablement l’inquiétude de votre enfant.

Réinstaurez doucement un emploi du temps quelques jours avant la rentrée. Planifiez un horaire de lever et de coucher normal et une diminution des sorties. Vous pouvez utiliser un tableau visuel présentant les règles, la routine et les tâches de chacun. Cliquez ici pour découvrir différents outils pour vous aider avec la gestion du temps et le retour à la routine.

Si l’école est située dans un nouveau milieu, explorez le voisinage. Si votre enfant doit prendre l’autobus de ville, faites le parcours quelques fois avec lui et lorsqu’il aura l’habitude du circuit, demandez-lui de le faire par lui-même.
La veille, préparez son lunch, veillez à ce qu’il ait tout son matériel scolaire dans son sac et prévoyez les vêtements à porter. 

Le stress et l’anxiété ne se manifestent pas seulement à la rentrée, mais au cours des premières semaines et même des premiers mois. Durant cette période, votre enfant développera de nouvelles amitiés, devra s’adapter aux différents enseignants qu’il côtoiera et à leurs exigences, en plus de se familiariser avec l’horaire et les multiples locaux.
Vous pouvez restreindre les nouvelles activités parascolaires et conserver les anciennes afin de réduire le niveau d’anxiété associé à la nouveauté.

Pour terminer, le sport permettra de canaliser son stress, son énergie et ses émotions. On peut aussi utiliser comme stratégie de gestion d’anxiété la méditation, des outils de relaxation tels que le yoga et le taï-chi ou des techniques de respiration. 
 
La transition vers le secondaire pour un enfant TSA

Des études démontrent que c’est à l’adolescence que l’on diagnostique plus fréquemment les problèmes d’anxiété de cette clientèle, surtout chez ceux qui présentent un niveau intellectuel élevé.

C’est une période de déséquilibre, car les anciens modèles de vie ne sont plus effectifs et les nouveaux ne sont pas encore intégrés dans leurs habitudes (plus d’élèves, plusieurs locaux, un casier, plusieurs professeurs et plusieurs intervenants…) Selon une étude de Leroux-Boudreau et Poirier, les inquiétudes des étudiants TSA sont comparables à celles des élèves réguliers effectuant cette transition.

D’autres chercheurs ont interrogé des professionnels du milieu, des parents et leur enfant TSA sur les éléments les plus anxiogènes causés par la rentrée au secondaire. Les enseignants mentionnaient les travaux d’équipe, les échéanciers et l’incompréhension de la tâche à effectuer, alors que les parents et les jeunes soulignaient, en premier lieu, les changements imprévus et les contextes sociaux tels que les présentations orales et les relations interpersonnelles. On retrouve ces inquiétudes auprès de toutes les clientèles en transition scolaire.

Selon une étude de Berndt & Mekos, les jeunes TSA qui ont pu explorer leur future école avant le début des classes ont hâte de commencer la nouvelle année. Plusieurs institutions scolaires prévoient des visites en fin d’année du primaire. La reconnaissance des lieux et les rencontres avec les enseignants et les intervenants du milieu permettent une transition en finesse. N’hésitez pas à contacter le directeur ou la secrétaire afin de prendre un rendez-vous pour une autre excursion de l’établissement scolaire avant le début des classes, en août. Demandez-leur le numéro de son casier et, si cela est possible, son horaire ainsi qu’un plan de l’école. Parcourez les lieux et donnez-lui des repères. Comme mentionné auparavant, l’utilisation du cadenas est une source d’anxiété pour l’adolescent. Aidez-le à s’exercer afin qu’il devienne adroit. Lorsqu’il aura trouvé son casier, demandez-lui de le barrer et de l’ouvrir. S’il peut recevoir ses livres à l’avance, rencontrer l’adulte significatif (l’éducateur spécialisé) qui l’accompagnera et se voir assigner un endroit où il pourra se calmer, on constatera une diminution de son anxiété.

En tant que parents, vous pouvez dialoguer avec votre enfant à propos du changement d’école et entamer des discussions sur des situations qu’il pourrait rencontrer dans son futur milieu. Vous pouvez effleurer des sujets tels que l’intimidation, le langage inapproprié, l’isolement et l’exclusion afin d’amorcer des échanges ultérieurs. Pour diminuer son anxiété et son stress, offrez-lui des stratégies de gestion des émotions et de relaxation. Nous avons aussi plusieurs livres spécialisés pour vous aider à entamer ce genre de discussion avec votre enfant.

En résumé, les préoccupations des adolescents TSA face à la transition sont du même calibre que celles des jeunes en général; le mode d’intervention est cependant plus particulier. Il importe donc de bien gérer leurs craintes et de leur fournir des outils plus spécifiques, pour répondre à leurs besoins!