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La gestion des émotions en cadeau

Devenir mère m’a offert un tête-à-tête avec moi-même, et ce ne fut pas qu’agréable et flatteur. 

Cet article commence en force, je sais.

La gestion des émotions est un défi dans la vie de parent. Évidemment, la gestion des émotions est un apprentissage de taille pour un enfant. 
Mais que fait-on de nous, pauvres adultes mal outillés qui devons “former” nos minis humains? 
Ou peut-être que c’est juste moi et que vous êtes tous une gang de pros. Qui sait? 😛

J’ai pris conscience, entre multiples autres choses, que j’étais excellente pour reconnaître les émotions, les nommer, comprendre d’où elles viennent, être empathique, mais pour gérer mon volcan interne… Je manque gravement de pratique. 

Personne ne me l’a appris, à moi, que voulez-vous.

Une crise décisive


Revenons à nos moutons. Est-ce que je vous ai déjà dit que mes deux enfants m’avaient gâtée en termes de crises de grande intensité? 

Aussi bouillonnants que moi ces gamins. 

Je vous donne un exemple… purement fictif. 😜

Un soir, je suis allée chercher mes enfants à la garderie, enceinte de mon troisième. Mon fils n’était pas ravi que je coupe court à ce qu’il faisait avant de me voir la bette. 

Ainsi, après avoir usé de patience et fait pas mal tout ce que je connaissais comme trucs pour contourner une crise qui était, ma foi, incontournable, je suis arrivée face à un mur. 

J’ai frappé mon Waterloo comme on dit. 

Mon fils a explosé. Il hurlait dans le CPE, pleurait et lançait ses vêtements. La directrice de l’établissement a donc proposé de reconduire ma fille dans ma voiture, pendant que je prenais mon fils en poche de patates, ce que nous avons fait. 

Vous imaginez déjà ma gêne, ou ma honte, je l’admets. 
En arrivant près de l’auto, la crise avait franchi un autre cap ; son orgueil à lui aussi avait été froissée et il n’avait plus aucun contrôle. Pour couronner le tout, il m’a donc craché dans le visage.

Cette crise-là fut la pire de ma vie. 

Les vingt minutes de route que nous avons faites ce soir-là furent accompagnées de hurlements, de pleurs, entrecoupées d’excuses – mon fils est un grand sensible. 

Et moi, parlons-en de moi. J’ai tellement pleuré. 

J’étais bouleversée de ce que je venais de vivre, mais aussi bouleversée de voir combien les émotions envahissaient mon garçon. 

L’entendre me demander pardon au milieu de sa crise m’a fait l’effet d’une claque au visage. Il ne voulait pas faire mal, mais il ne parvenait réellement pas à contrôler ce qui se passait à l’intérieur de lui.

Il n’allait pas l’apprendre tout seul, ça c’est sûr.

La gestion des émotions, c’est du sérieux


Aujourd’hui, ce genre de crises n’arrive plus ou pas avec cette intensité. Le changement n’a pas eu lieu seul, au contraire. 

Rien n’est inné dans le fait de gérer adéquatement nos émotions. On a la preuve quand on regarde nos tout-petits qui implorent ciel et terre, couchés au sol, en battant des jambes, devant une boîte de smarties – Ici, ce sont les kinder surprise.

À la maison, on a donc établi une procédure vraiment claire et précise pour la gestion des crises. 
On a aussi créé un coin calme et une boîte de retour au calme.

Une boîte de retour au calme


Un jour, j’ai vu une boîte de retour au calme déjà toute prête, et ça m’a donné l’idée d’en concevoir une moi-même. J’ai d’abord créé un coin de retour au calme, dans lequel je mettrais cette boîte. Le coin de retour au calme, à mes yeux, doit devenir un repère pour les enfants, afin qu’ils aient eux-mêmes envie de s’y retrouver quand les émotions commencent à les gagner.

Voici quelques idées pour passer à l’action.

Boîte : Choisissez une boîte que vos enfants aiment. Pourquoi ne pas leur permettre de s’impliquer dans ce choix?

Lumière apaisante : Une lampe apaisante donnera une certaine ambiance au coin calme. 

Coussin : Un coin de retour au calme n’en est pas un si on ne peut pas s’y asseoir confortablement, n’est-ce pas? Chez nous, il y a donc deux gros coussins à la disposition des enfants.

Doudou : La doudou est réconfortante pour certains enfants. On la choisit pour sa douceur, surtout. On peut même en mettre plusieurs dans un panier.

Balle et objet à serrer : Il existe plusieurs objets à serrer et ils permettent d’évacuer la colère, concrètement. J’ai un penchant pour les balles, mais mon fils affectionne un lézard et ma fille utilise même une mâchouille qu’elle mord à pleine dents quand elle est enragée.

La roue des émotions : Une roue des émotions présente plusieurs émotions qui permettent à l’enfant d’identifier la sienne, au moment où il en a besoin. Prendre conscience que plusieurs émotions existent peut être ardu pour un enfant d’âge préscolaire, donc une aide visuelle est tout à fait pertinente. On peut la fabriquer soi-même ou en trouver une et l’imprimer. Voici un exemple.

Les sabliers : Il y a plusieurs sortes de sabliers. Certains sont utiles pour compter le temps d’un retrait par exemple. D’autres ont vraiment une utilité plus visuelle. Je les utilise chez moi en guise de distraction. Quand l’enfant a atteint un niveau élevé dans sa crise de colère et que son volcan a explosé, on doit le laisser vivre sa crise dans un endroit sécuritaire et malheureusement attendre qu’il se calme. Disposer les sabliers sous ses yeux peut accélérer le processus, des fois. Ça fonctionne très bien pour certains enfants, ça casse la crise d’un coup! 

2 livres précieux : À la maison, on a deux livres qui parlent d’émotions et qui servent à distraire, ce qui fait baisser la colère, et à s’instruire par le fait même sur les émotions. Les plus jeunes enfants peuvent utiliser des livres pour identifier leurs émotions. Notre favori est La couleur des émotions, un livre animé. Nous aimons aussi beaucoup la collection de Petit Loup, dont Le loup qui apprivoisait ses émotions.

La gestion des émotions demande du travail


Je vous souhaite d’apprivoiser ce processus d’apprentissage de la gestion des émotions, avec votre enfant. N’oublions pas qu’un adulte qui n’a pas appris à gérer ses émotions quand elles viennent est en fait un adulte qui réagit comme un enfant, quand les émotions s’emparent de lui.