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Aborder le diagnostic


Recevoir un diagnostic pour son enfant soulève une multitude de questions. Quelles sont les caractéristiques de cette différence? Quels seront les impacts? À quoi ressemblera son futur? Comment outiller mon jeune? Mais surtout, devrais-je lui en parler? Si oui, comment le faire? CDS Boutique a fait de multiples lectures et recherches et vous partage ici un bref résumé afin de vous offrir quelques pistes de réflexion pour guider votre décision.

Le fait de partager ou non le diagnostic de son enfant avec celui-ci est un choix personnel. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, tel que l’âge, son niveau de compréhension, sa maturité ainsi que les conséquences que cela pourrait avoir sur lui. Respecter le rythme de compréhension de l’enfant est primordial afin d’éviter de causer du stress et de l’anxiété que l’on aurait pu éviter. Chaque alternative possède son lot d’avantages et d’inconvénients qui sont à considérer.

Mais, quels sont-ils?

Le fait d’en parler avec votre enfant peut lui permettre de mieux comprendre ses difficultés et de le normaliser. Il pourra ensuite lui-même parler de ce qui le rend unique et s’identifier aux personnes qui ont le même diagnostic. Le diagnostic peut aussi apporter du soulagement pour le jeune puisque, lorsqu’il est en âge de comprendre qu’il est différent, il peut ressentir de la frustration et perdre de l’estime envers lui-même s’il ne saisit pas la source de cette distinction, voire de cet écart entre « les autres » et lui.

Mais, le diagnostic peut également s’avérer stigmatisant. En tant que parent autant qu’en tant qu’enfant, recevoir un diagnostic est un moment difficile qui peut s’apparenter au deuil. C’est pourquoi certains préfèrent attendre avant d’aborder le diagnostic avec leur progéniture.

Comment choisir?
Lorsque votre enfant commence à se poser des questions sur ses différences, sur les raisons qui le font agir autrement, c’est un signe qu’il est prêt à entendre ce que vous avez à lui dire. Si vous avez le sentiment qu’il a le niveau de compréhension nécessaire, qu’il a commencé à se sentir différent ou qu’il est l’objet de railleries, vous pourriez y réfléchir.
N’hésitez pas à consulter des spécialistes, des organismes, des associations et des regroupements qui pourront vous aider à déterminer si le moment est opportun et vous guider dans votre démarche.

Comment aborder ses différences?

L’information
La première chose à faire avant de choisir d’en parler à son enfant et son entourage est de s’informer le plus possible sur son diagnostic. Vous comprendrez ainsi mieux vous-même la situation et serez plus apte à en parler avec simplicité. Vos présomptions en lien avec le diagnostic et votre manière de le présenter à votre jeune influenceront grandement sa manière de le percevoir!

L’unicité

Il est important que vous fassiez comprendre à votre enfant qu’il est unique, comme toute autre personne, plutôt que de vous concentrer sur sa différence. Nous sommes tous différents les uns des autres, nous avons tous nos forces et nos faiblesses, nos difficultés et nos réussites. Essayez de lui donner des exemples concrets provenant de son entourage ou de ses centres d’intérêt. Par exemple, s’il adore le hockey, abordez les capacités différentes de ses joueurs préférés. Vous pouvez aussi simplement énumérer certaines divergences entre ses grands-parents, ses frères et sœurs (ex : la couleur des yeux, les intérêts, les traits physiques).

La simplicité
La simplicité est la clé. Utilisez des mots simples, des métaphores pour expliquer ce qui caractérise votre jeune. Lorsque vous vous adressez à des enfants, il est important de décrire le tout avec des mots d’enfants. Il est également important de respecter le développement cognitif de la personne à qui vous parlez. Par exemple, le jeune qui a reçu le diagnostic, ses frères et sœurs ou ses amis n’ont peut-être pas la maturité pour tout comprendre ce que cela implique. Ne cherchez pas à donner plus d’informations à chacun que ce qu’il demande pour éviter de créer de l’anxiété…

Le positif
Abordez les aspects positifs du diagnostic avec votre enfant. Cette nouvelle n’est pas nécessairement négative : elle amène souvent son lot de soulagement et d’outils qui pourront vous accompagner dans votre parcours. Le fait de recevoir le diagnostic permet d’expliquer la situation et de trouver des solutions. Plusieurs stratégies seront sûrement mises en place dans les mois à venir avec la garderie ou l’école ainsi qu’en famille. Dites-lui quels sont les outils qui lui seront offerts afin de le rassurer. Malgré leurs différences, les enfants qui reçoivent un diagnostic regorgent de qualités et de forces et il est important de leur rappeler.

L’angle des besoins

En abordant le diagnostic avec votre enfant, tentez d’identifier ses besoins et ce qui peut causer une situation problématique. Les comportements symptomatiques associés au diagnostic et les troubles associés ne sont que la pointe de l’iceberg. Il est nécessaire de regarder ce qui se trouve en dessus. Par exemple, des agissements colériques ne se manifestent pas sans raison. À ce moment, l’enfant peut avoir vécu de l’anxiété qui s’est ensuite exprimée par un accès de colère. Trouver la source de cette attitude permet d’identifier le besoin de l’enfant et la solution qui y est adaptée. Selon le diagnostic et l’âge de votre enfant, discuter de ces comportements, des réactions de l’enfant et de ses besoins favorise l’introspection et l’autonomie de ce dernier.

Faites-lui également savoir qu’il n’est pas le seul à avoir des besoins et des solutions adaptées pour l’aider à résoudre une situation difficile. Nous avons tous des stratégies pour gérer les différentes situations qui se présentent à nous. Certaines personnes ont besoin d’un coin tranquille pour se calmer alors que d’autres ont besoin d’écouter de la musique pour s’apaiser.

L’écoute et la disponibilité
Votre enfant et votre entourage auront certainement des questions à vous poser. Soyez à l’écoute et tentez d’y répondre du mieux que vous pouvez. Plusieurs outils existent également afin de vulgariser les différents troubles qui peuvent affecter les jeunes : vidéos, livres, pictogrammes, etc. Les questions peuvent parfois sembler inusitées, mais elles sont toutes légitimes. Par exemple, votre jeune pourrait vous demander si c’est dangereux, si c’est contagieux, etc.

L’acceptation
Finalement, l’acceptation est une étape incontournable. L’annonce de cette nouvelle bouleverse et s’apparente à un deuil. Il peut d’abord y avoir un choc, puis le déni, l’adaptation et l’acceptation. Cette boucle de l’adaptation, elle se répétera à plusieurs moments, selon les difficultés et les restrictions de l’enfant. Vos attentes envers votre enfant et vos rêves pour celui-ci doivent être réévalués en fonction de ses capacités.
Personne ne réagit de la même manière : gardez l’esprit ouvert. Vivez vos émotions et laissez votre enfant vivre les siennes. Il est normal de ressentir de la tristesse, du soulagement ou même de l’appréhension face à une telle situation. Par exemple, les grands-parents pourraient ressentir un certain malaise après avoir appris la nouvelle, ne connaissant pas la manière la plus adaptée pour interagir avec l’enfant. Tentez de vous mettre à leur place et de comprendre leur situation, leur rappelez que votre enfant est toujours le même et qu’ils n’ont qu’à jouer avec lui comme auparavant!
Pour un enfant, il peut être plus difficile de nommer ses émotions, il se pourrait que vous ayez à l’aider. Soyez disponible les uns pour les autres. Ce partage avec votre entourage est un bon moment pour parler de vos émotions, de vos attentes et de vos besoins. Votre famille et vos amis sont vos piliers de soutien et peuvent être d’un grand secours dans ses situations.
 
Quels outils existent pour vous aider?
Soyez sans crainte, vous n’êtes pas seuls! Afin d’aborder le diagnostic avec les enfants qui côtoient votre jeune ou même votre entourage, vous pouvez demander l’aide de l’enseignant, de l’éducatrice en service de garde ou d’un professionnel. Des groupes de soutien existent également que ce soient sur les réseaux sociaux, dans les organismes communautaires de votre région et bien d’autres encore.
 
Références 
Petit guide afin d’aider lors de l’annonce d’un diagnostic
Boîte à outil de sensibilisation à l’autisme
Comment aborder les difficultés avec son enfant?